Vaccins contre la Covid-19

Médecine générale et médecine esthétique (Doubs)

VACCINS Contre la Covid-19 : Questions et Réponses

Publication le 15/01/2021 à 01h15

VACCINS DISPONIBLES pour les personnes de plus de 75ans,

TEL au  07 88 16 97 30  ou bien au 03 81 38 81 00

LIEU:  Centre Bel âge à Pontarlier dans la Salle des Capucins,  situé à 18 rue de Salin à Pontarlier

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Voici 10 QUESTIONS-REPONSES  que j’ai sélectionné pour essayer de mieux comprendre le vaccin, si vous avez d’autres questions concernant le vaccin contre la Covid-19 ,n’hésitez pas à demander à votre médecin.

1-Principe du vaccin du Covid19

  • Permettre au système immunitaire d’acquérir une mémoire immunitaire spécifique contre le SARS-CoV-2, afin qu’en cas de d’exposition à ce virus, il puisse le neutraliser avant qu’il n’ait le temps de provoquer la maladie Covid-19 (ou afin d’en atténuer les conséquences).
    La majorité des vaccins en développement ciblent la protéine spike du virus (aussi appelée «protéine spicule» ou «protéine S»). Cette protéine est située à la surface de l’enveloppe du SARS-CoV-2 et lui permet de se fixer à un récepteur cellulaire (ACE-2) puis de pénétrer dans les cellules.

2-Quels sont les différents types de vaccins contre la Covid-19?

  • •Les technologies classiques,basées soit sur l’utilisation d’un virus entier et inactivé, soit sur l’utilisation d’une partie seulement du virus (ex: vaccins de Novavax et de Sanofi-GSK). Ces derniers sont appelésles vaccins sous-unitaires ou protéiques.L’antigène est alors associé à un adjuvant de l’immunité.
  • Les «nouvelles»technologies , basées sur:
    • l’utilisation d’acide nucléique «pur» (ADN ou ARN): ici la protéine S (ex: vaccins à ARN développés par Moderna et par Pfizer-BioNTech, et vaccins à ADN)
    • l’utilisation d’un vecteur viral dans le génome duquel on a inséré le gène de la protéine-cible, ici la protéine S du SARS-CoV-2 (ex: vaccins développés par l’Université d’Oxford-Astra Zeneca, par Johnson &  Janssen, par Merck, le vaccin Spoutnik V de Gamaleya développé en Russie, le vaccin de CanSinoBIO développé en Chine…).

3-Les vaccins à ARN peuvent-ils modifier nos gènes ?

  • Non. L’ARNne pénètre pas dans le noyau des cellules où se situe l’ADN humain. Surtout, lors de la synthèse protéique, l’information circule dans le sens ADN→ARN→protéine. Il n’y pas dans notre organisme d’enzyme permettant d’inverser ce sens. Ainsi, les vaccins ARNne peuvent pas modifier nos gènes (qui eux sont sous forme d’ADN).

4-Quel recul a-t-on sur la technologie des vaccins à acide nucléique ?

  • Les chercheurs y travaillent depuis plus de 20 ans. Cette technologie a fait l’objet d’améliorations continues, qui ont largement contribué à sa sûreté.
  • Des vaccins à ARN ont été testés chez l’être humain contre lesvirus Zika, de la grippe,de la rage,et cytomégalovirus, avec de l’ordre de 600 participants inclus dans ces essais. 
  • Concernant les vaccins à ARN contre le SARS-CoV-2, ils ont été évalués dans les essais de phase 3 sur plusieurs dizaines de milliers de personnes et ont ensuite déjà été administrés à plusieurs millions de personnes au Royaume-Uni et aux USA depuis le début des campagnes de vaccination en décembre 2020.

5-Quels sont les effets indésirables les plus fréquents des vaccins à ARN?

  • La grande majorité des effets indésirables observés lors des essais cliniques des vaccins à ARN se manifestent le lendemain de la vaccination et durent habituellement moins de 3 jours.
  • Ils sont classiques et relativement attendus,et un peu plus fréquents qu’avec les vaccins habituellement utilisés:
    • rougeur au point d’injection, fatigue, maux de tête, douleurs musculaires, adénopathies axillaires, frissons ou fièvre. C’est ce que l’on appelle la «réactogénicité».
    • Les effets généraux sont plus fréquents après la 2ème dose de vaccin et chez les personnes plus jeunes. Ils sont le plus souvent minimes à modérés et durent en moyenne 2 à 3 jours.

6-Peut-il y avoir des effets indésirables graves avec les vaccins à ARN?

  • Il faut distinguer les «événements» indésirables graves, dont on ne sait pas s’ils ont un lien avec le vaccin, des «effets» indésirables pour lesquels on pense qu’il y a un lien de cause à effet entre le vaccin et la survenue du problème médical (et pas seulement un lien chronologique).
  • La fréquence des événements indésirables graves n’est pas supérieure dans le groupe «vaccin» par rapport au groupe«placebo». La plupart de ces événements ont été considérés par les investigateurs comme non liés au vaccin (appendicites, cholécystites, infarctus du myocarde, accidents vasculaires cérébraux,etc.).
  • De très rares événements graves ont par contre été considérés par les investigateurs comme liés à la vaccination
    • un cas d‘arythmie ventriculaire pendant 8 jours, et une adénomégalie axillaire, un cas de vomissements importants, 2 cas de gonflement transitoire du visage,
    • et d’un cas de polyarthrite rhumatoïde (le lien entre la vaccination et cette maladie apparaissant d’ailleurs difficile à assurer).

7-Les personnes avec des antécédents d’allergie peuvent-elles se faire vacciner avec un vaccin à ARN?

  • La vaccination est contre-indiquée aux personnes ayant des antécédents d’hypersensibilité à l’un des composants du vaccin
    • en particulier au PEG (polyéthylène glycol
    • au polysorbate (risque d’allergie croisée avec le PEG contenu dans le vaccin).
    • Le PEG est le constituant des macrogols ( traitement pour la constipation ) et est présent dans différents médicaments  tels que les interférons pégylés (alpha dans le traitement de certaines hépatites virales et anti-cancéreux, et bêta dans le traitement de la SEP), les facteurs de croissance hématopoïétique pégylés (G-CSF et EPO), la naloxone pégylée, certaines chimiothérapies (irinotécan, asparaginaseet doxorubicine pégylés), le certolizumab pégylé, et le facteur VIII
    • On peut également trouver du PEG dans l’enrobage de nombreux traitements (antibiotiques, AINS…); dans la situation d’une réaction à ces traitements, l’allergène est exceptionnellement le PEG.Au vu des données rassurantes depuis le lancement de la campagne à l’échelle mondiale, la Fédération française d’allergologie a recommandé que les antécédents d’allergie ou d’anaphylaxie ne constituent pas une contre-indication systématique à cette vaccination.
  • Toutes les personnes vaccinées doivent être observées pendant 15 minutes ( 1 heurepour les personnes ayant un antécédent d’anaphylaxie(œdème laryngé, détresse respiratoire, choc).
  • En cas de réaction allergique grave ou immédiate après la 1ère dose, la 2nde est contre-indiquée

8- Vaccination et grossesse ? Vaccination et allaitement?

  • Les experts estiment qu’il est très peu probable que ces vaccins présentent un risque pour les femmes enceintes.Dans les essais cliniques des vaccins à ARNde Pfizer-BioNTech et Moderna, 23 et 13 grossesses inattendues ont eu lieu respectivement, autant dans le groupe des participants vaccinés que dans le groupe recevant le placebo. Aucun événement indésirable n’est survenu chez les femmes enceintes.
  • En attendant les résultats des études, la vaccination n’est néanmoins pas proposée aux femmes enceintes sauf si les bénéfices l’emportent sur les risques potentiels pour la mère et le fœtus.
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  • Il n’existe pas de données sur la sécurité des vaccins Covid-19 chez les femmes qui allaitent ou sur les effets des vaccins COVID-19 à ARN sur le nourrisson allaité ou sur la production de lait.  La HAS ne recommande pas la vaccination en cours d’allaitement pour le moment.
  • En pratique, l’indication peut donc être posée, en tenant compte des connaissances actuelles, chez les femmes allaitantes ayant une exposition importante au virus et/ou des facteurs de risque de Covid-19 grave

9-Quel délai respecter entre un antécédent de Covid-19 et la vaccination ?

  •  Concernant les personnes ayant une infection aiguë documentée par le SARS-CoV-2, on recommande de les vacciner après un délai de 90 jours ( après leur infection)  car il apparait que la réinfection est très peu fréquente dans les 90 jours suivant l’infection initiale .
  • Cette recommandation repose encore une fois sur la logique de priorisation dans un contexte contraint de doses et du manque de données solides sur ce sous-groupe.

10-Les mutations impactent-elles l’efficacité des vaccins ? Doit- on se faire vacciner chaque année?

  •  Les mutations impactent-elles l’efficacité des vaccins ?
    • Ce n’est pas le cas avec une année de recul, jusqu’à récemment, les différentes mutations qui ont émergé n’étaient pas associées à une moindre efficacité du vaccin. Aucune mutation détectée à ce jour n’a affecté la protéine S au point d’altérer la capacité du système immunitaire à reconnaître le coronavirus après vaccination
    • Le variant récemment détecté au Royaume-Uni (B1.1.7) comprend 8 mutations dans la séquence de la protéine Spike par rapport à la souche de référence. Il est actuellement considéré que les anticorps déclenchés par le vaccin seront aussi efficaces contre cette souche. Il vient d’être montré que les souches virales porteuses de la mutation la plus significative du mutant B1.1.7, N501Y, étaient sensibles à ces anticorps.
    • Le variant 501.V2 (ou B.1.351), isolé en Afrique du Sud, est porteur de cette même mutation N501Y, ainsi que de la mutation E484K/Q/P; cette dernière pourrait altérer la reconnaissance par les anticorps générés par la vaccination, mais cela doit être exploré.
  • Devra-t-on se faire vacciner tous les ans comme pour la grippe ?
    • Il est possible que la Covid-19 devienne une maladie à recrudescence saisonnière comme la grippe, ce qui pourrait justifier l’obtention d’une immunité à long terme. Si le vaccin ne protège pas plus d’une année ou que le virus acquiert sur plusieurs années des mutations lui permettant de ne plus être reconnu par une personne qui a déjà fait une COVID ou qui a été vaccinée (comme le virus de la grippe), et si l’épidémie n’a pu être maîtrisée, il sera nécessaire de se vacciner régulièrement avec un vaccin adapté aux nouveaux variants qui pourraient circuler.

Les réponses sont documentés par les recherches et les données du groupe Prévention-Vaccination de la SPILF (Société de Pathologie Infectieuse en Langue Française).